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Success story 2: «Un papier si précieux»

Success story 2: «Un papier si précieux»

Korika est une jeune fille de 12 ans habitant la commune d’Abobo. Aujourd’hui admise à son examen d’entrée en 6eme, elle nous raconte sa vie d’enfant rendu vulnérable du fait du VIH.  


« Un matin, mon père a quitté la maison pour une destination inconnue jusqu'à ce jour. J’ai donc été confiée à ma grand-mère parce que maman devait aller effectuer de petits travaux domestiques pour s’occuper de moi. Un jour, maman et grand-mère m’ont appelé pour m’informer qu’elles étaient toutes deux malades du sida et que je devais moi aussi faire mon test de dépistage. Heureusement, j’ai été déclarée séronégative mais je restais très triste quand je pensais que mes seuls parents qui me restaient étaient malades. Mon père ne m’a pas déclaré à l’état-civil et en 2012, je n’ai pas pu prendre part à l’examen de l’entrée en 6eme parce que je n’avais pas d’extrait de naissance. 

Je me sentais humiliée à chaque fois que j’étais renvoyée de la classe. Et même si j’étais brillante, j’avais un avenir incertain parce que j’allais à l’école sans être connu. En somme je n’existais pas ! J’étais donc condamnée à arrêter les cours parce que les faibles revenus de ma mère ne pouvaient pas me permettre de bénéficier de ce précieux document. Un après-midi j’ai été voir le Directeur pour le supplier de me permettre de passer mon examen la prochaine fois. Ce dernier me recommanda à OGRADIE, une ONG basée à Abobo et travaillant en partenariat avec mon école dans le cadre du projet. Grand-mère informée de cette bonne nouvelle, m’accompagna le lendemain matin au siège de cette structure. Après un long entretien, un conseiller d’OGRADIE m’a posé des questions avant d’identifier ma famille. Depuis ce jour, ma famille et moi, ne nous sommes plus sentis seuls car les conseillers d’OGRADIE passent régulièrement nous voir pour discuter et essayer de trouver des solutions concertées aux difficultés rencontrées au quotidien. Le Directeur de l’école a accepté que je reprenne les cours et quatre mois plus tard j’ai pu enfin obtenir mon jugement supplétif après une audience foraine organisée avec le soutien du projet. Ce fut le plus grand jour de ma vie car j’existais enfin ! Grand-mère ne pouvait contenir sa joie. Et comme cela ne suffisait pas j’ai été admise cette année en 6eme avec 136 points sur 170. 

OGRADIE m’a offert des fournitures et ma mère m’a acheté un bel uniforme pour entamer la nouvelle année scolaire. Aujourd’hui, j’ai retrouvé le sourire et je garde espoir quant à mon avenir. Je suis également membre de l’EAQ (Equipe d’Amélioration de la Qualité) d’OGRADIE et je participe activement aux réunions en tant que représentant des orphelins et enfants vulnérables. Maman et grand-mère m’entourent de leur amour et le projet m’a apporté une stabilité. En un mot, une existence !